8 % des Français ont un rachat de crédits : que révèle ce chiffre ?
8 % des Français détiennent aujourd’hui un regroupement de crédits, selon l’Observatoire du regroupement de crédits réalisé par Sygma BNP Paribas Personal Finance avec Kantar.
Autrement dit, près d’un Français sur douze serait aujourd’hui détenteur d’un regroupement de crédits.
Un chiffre qui mérite que l’on s’y attarde.
Car le rachat de crédits reste encore souvent présenté comme un produit de niche, principalement destiné aux ménages confrontés à un endettement important.
La réalité est devenue beaucoup plus large.
Le rachat de crédits s’est progressivement installé dans le paysage financier des Français et ses usages évoluent. Réduction des mensualités, réorganisation du budget, protection du pouvoir d’achat ou financement d’un nouveau projet : les motivations sont désormais multiples.
Que nous apprend alors ce chiffre de 8 % sur le rapport des Français au crédit ?
Le regroupement de crédits concerne désormais une part significative des Français
8 % peut sembler relativement faible.
Mais rapporté à l’ensemble de la population, ce taux montre au contraire que le regroupement de crédits est loin d’être un financement marginal.
Il faut surtout distinguer la détention actuelle d’un regroupement de crédits du nombre de personnes qui ont pu utiliser cette solution au cours de leur vie.
Un rachat de crédits est généralement souscrit pour plusieurs années. Les détenteurs actuels ne représentent donc qu’une photographie du marché à un instant donné.
Au fil des années, la proportion de ménages ayant eu recours à cette solution est nécessairement plus importante.
Le chiffre publié par l’Observatoire Sygma BNP Paribas Personal Finance avec Kantar permet ainsi de mesurer l’importance prise par cette forme de financement dans le budget des ménages français.
Pourquoi autant de Français ont-ils recours au rachat de crédits ?
La réponse tient notamment à l’évolution des modes de financement.
Au cours d’une vie, un ménage peut successivement souscrire plusieurs crédits : un prêt automobile peut être suivi d’un financement pour des travaux, d’un crédit destiné à l’équipement du logement ou encore d’un prêt immobilier.
À cela peuvent s’ajouter différentes formes de financement ou de paiement fractionné.
Pris individuellement, chacun de ces engagements peut parfaitement être compatible avec le budget du ménage.
Mais leur accumulation entraîne progressivement une multiplication des mensualités.
C’est précisément à ce moment que le regroupement de crédits peut trouver son utilité.
Son principe consiste à restructurer tout ou partie des financements existants pour les remplacer par un nouveau crédit dont la durée et la mensualité sont adaptées à la situation de l’emprunteur.
La diminution de la mensualité est généralement obtenue par un allongement de la durée de remboursement et peut donc entraîner une augmentation du coût total du crédit.
Mais l’objectif recherché par les emprunteurs ne se résume plus nécessairement à faire face à une situation financière difficile.
Regroupement de crédits ne signifie pas surendettement
C’est probablement l’un des principaux enseignements à tirer de l’évolution du marché.
Il existe encore une confusion entre regroupement de crédits et surendettement.
Les deux situations sont pourtant très différentes.
- Le rachat de crédits est une opération de financement qui suppose que la situation de l’emprunteur puisse répondre aux critères d’acceptation d’un établissement prêteur.
- Le surendettement correspond, quant à lui, à une situation dans laquelle une personne ne parvient plus à faire face à l’ensemble de ses dettes exigibles ou à échoir.
Assimiler systématiquement les détenteurs d’un regroupement de crédits à des personnes surendettées donne donc une vision très réductrice du marché.
L’expérience de Cibfinance et de ses courtiers partenaires montre d’ailleurs une évolution intéressante des profils.
Les dossiers caractérisés par des niveaux d’endettement extrêmement élevés ne constituent plus nécessairement le profil type du candidat au regroupement de crédits.
De nombreux emprunteurs décident désormais d’agir beaucoup plus tôt.
Des Français qui restructurent leur budget avant d’être en difficulté
Cette évolution est particulièrement importante.
Pendant longtemps, le rachat de crédits pouvait être envisagé lorsque l’accumulation des mensualités avait déjà fortement dégradé le budget.
L’intervention était essentiellement corrective.
Une autre logique se développe aujourd’hui : l’anticipation.
Un ménage peut parfaitement honorer l’ensemble de ses échéances tout en constatant que la part de ses revenus consacrée chaque mois aux crédits devient trop importante.
Il peut alors décider de réorganiser ses financements avant que la situation ne devienne problématique.
L’objectif est simple : retrouver davantage de souplesse budgétaire et protéger son reste à vivre.
Le rachat de crédits devient dans ce cas un outil préventif. On n’attend plus nécessairement d’avoir un problème pour restructurer ses crédits.
Préserver son pouvoir d’achat
Cette dimension préventive prend également tout son sens lorsqu’on raisonne en pouvoir d’achat.
- Une mensualité de crédit reste fixe alors que les autres dépenses du ménage peuvent évoluer.
- Logement, alimentation, énergie, assurances, transports ou dépenses liées aux enfants : l’équilibre d’un budget peut changer sans que les revenus du foyer diminuent.
- Un ménage peut ainsi parfaitement continuer à payer ses crédits tout en constatant que son reste à vivre se réduit progressivement.
Le rachat de crédits peut alors être étudié comme l’un des moyens permettant de redonner de la souplesse au budget.
L’objectif n’est plus de traiter une situation d’urgence. Il est d’éviter qu’elle n’apparaisse.
Le rachat de crédits peut également préparer un nouveau projet
L’autre transformation importante concerne le financement de nouveaux projets.
Un ménage qui rembourse déjà plusieurs crédits et souhaite financer des travaux, changer de véhicule ou réaliser un autre projet dispose généralement de deux possibilités.
- La première consiste à conserver tous les financements existants et à ajouter un nouveau crédit.
- La seconde consiste à examiner l’ensemble de l’endettement avant de financer le projet.
C’est là que le rachat de crédits prend une nouvelle dimension.
Lorsque la situation de l’emprunteur et les critères de l’établissement prêteur le permettent, une enveloppe destinée au financement du nouveau projet peut être intégrée à l’opération.
L’objectif n’est alors plus seulement de réduire les mensualités existantes.
Il consiste à retrouver une capacité mensuelle permettant de financer un nouveau besoin sans additionner mécaniquement une nouvelle mensualité à toutes celles qui existent déjà.
Cette approche contribue également à expliquer pourquoi le regroupement de crédits touche aujourd’hui une population plus large.
Plusieurs profils derrière un même produit
Derrière les 8 % de détenteurs se cachent donc des situations très différentes.
Il peut s’agir d’un ménage qui souhaite retrouver un reste à vivre plus confortable.
- D’un propriétaire qui veut financer des travaux.
- D’un emprunteur qui préfère restructurer plusieurs crédits avant de financer l’achat d’un nouveau véhicule.
- D’une personne qui anticipe une future baisse de revenus, notamment à l’approche de la retraite.
- Ou encore d’un ménage qui souhaite simplement simplifier la gestion de plusieurs échéances mensuelles.
Parler du « client du rachat de crédits » au singulier devient donc de moins en moins pertinent.
Le marché du regroupement de crédits accompagne l’évolution du crédit en France
Le développement du regroupement de crédits doit également être replacé dans un marché du crédit à la consommation très important.
Selon la Banque de France, les encours de crédits à la consommation des particuliers représentent plus de 200 milliards d’euros.
Des millions de ménages français utilisent donc le crédit pour financer leurs équipements et leurs projets.
Dans un tel environnement, il est logique qu’un marché de la restructuration des financements se soit développé parallèlement.
Plus le nombre de financements détenus au cours de la vie augmente, plus la question de leur organisation peut se poser.
Le rachat de crédits constitue l’une des réponses possibles à cette problématique.
Un marché qui se professionnalise
Le chiffre de 8 % montre également l’importance de l’accompagnement.
Une opération de rachat de crédits ne doit pas se limiter à rechercher la mensualité la plus basse possible.
Il faut comprendre l’objectif réel de l’emprunteur.
- Cherche-t-il à diminuer son taux d’effort ?
- À préserver son pouvoir d’achat ?
- À financer un nouveau projet ?
- À anticiper une baisse future de revenus ?
- À simplifier son budget ?
Selon la réponse, la solution proposée peut être différente.
Certains crédits peuvent être regroupés tandis que d’autres peuvent éventuellement être conservés.
La durée du nouveau financement doit également être mise en perspective avec la diminution recherchée de la mensualité et le coût total de l’opération.
C’est précisément sur cette analyse globale que le rôle du courtier prend toute son importance.
8 % des Français : le signe d’un changement de perception ?
Le chiffre publié par l’Observatoire Sygma BNP Paribas Personal Finance avec Kantar mérite finalement d’être regardé au-delà de sa seule dimension statistique.
Si 8 % des Français détiennent aujourd’hui un regroupement de crédits, c’est aussi parce que cette solution répond désormais à des besoins beaucoup plus diversifiés.
Le regroupement de crédits reste naturellement une solution permettant de réduire le poids mensuel des remboursements lorsque celui-ci devient trop important.
Mais il est aussi devenu un outil d’anticipation.
- Un moyen de protéger son pouvoir d’achat.
- Une possibilité de réorganiser plusieurs financements.
- Et, de plus en plus souvent, une solution permettant de retrouver une capacité mensuelle pour financer un nouveau projet.
Le marché du rachat de crédits évolue donc avec les comportements financiers des Français.
Chez Cibfinance, nous observons cette transformation dans les dossiers transmis par nos courtiers partenaires : le regroupement de crédits intervient de moins en moins uniquement lorsque l’endettement est devenu problématique.
Il intervient également en amont.
C’est peut-être finalement ce que révèle le mieux le chiffre des 8 % : le regroupement de crédits est progressivement passé d’un financement perçu comme essentiellement curatif à un véritable outil de gestion et d’anticipation du budget des ménages.
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Si le regroupement de crédits entraîne une diminution du montant des mensualités, celle-ci peut entraîner un allongement de la durée de remboursement du crédit et majorer son coût total.


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