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Rachat de crédits avec un nouveau projet : faut-il attendre une baisse des taux ?

Lorsque les taux augmentent, le premier réflexe peut sembler évident : attendre. Attendre quelques mois. Attendre que les marchés se calment.

Attendre une baisse des taux avant de réaliser son rachat de crédits et de financer son nouveau projet.

Cette stratégie paraît prudente. Mais est-elle réellement la bonne ?

En cette fin d’année 2026, la réponse est loin d’être évidente. Les taux ont augmenté ces derniers mois et plusieurs facteurs économiques, budgétaires et politiques entretiennent désormais l’incertitude.

Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’une baisse rapide du coût du crédit se produira en 2027.

Pour un emprunteur qui dispose d’un projet réfléchi, utile et financièrement réalisable, attendre uniquement dans l’espoir d’obtenir un meilleur taux peut donc constituer un pari.

D’autant qu’un rachat de crédits ne sert pas seulement à rechercher un taux.

Il peut permettre de restructurer un budget, de retrouver une mensualité adaptée et, dans certaines situations, de financer simultanément un nouveau projet.

Rachat de crédits : le taux n’est qu’une partie de l’équation

C’est probablement le premier point à rappeler.

Comparer uniquement le taux d’un rachat de crédits avec celui des prêts actuellement détenus n’est pas suffisant. Le regroupement de crédits répond à une logique différente.

L’opération consiste à réunir plusieurs crédits et éventuellement certaines dettes dans un nouveau financement. La durée de remboursement peut être allongée afin d’adapter la nouvelle mensualité aux revenus et aux charges du ménage. Cet allongement peut entraîner une augmentation du coût total du crédit.

Mais l’objectif recherché peut être ailleurs : réduire la charge mensuelle, retrouver une marge de manœuvre budgétaire et éventuellement intégrer une trésorerie destinée à financer un nouveau projet.

Travaux dans la maison, achat d’un véhicule, études d’un enfant, amélioration énergétique du logement, dépenses liées à un changement de vie…

Les situations sont nombreuses. Lorsqu’un projet est nécessaire et déjà réfléchi, la vraie question n’est donc pas simplement : « Le taux sera-t-il plus bas dans six mois ? » Il faut plutôt se demander : « Quel serait l’intérêt d’attendre et quel serait le coût de cette attente ? »

Les taux ont remonté ces derniers mois

Le contexte financier a sensiblement évolué. Un indicateur mérite notamment d’être surveillé : le taux de l’emprunt français à 10 ans. L’OAT 10 ans constitue l’un des indicateurs de référence des marchés obligataires français.

Son évolution influence plus largement le coût de financement à long terme. Et sa progression est spectaculaire. Le rendement souverain français à dix ans se situait encore autour de 3,75 % le 12 juin 2026.

Le TEC 10 publié par la Banque de France atteignait 4,90 % au 1er octobre 2026. En quelques mois seulement, l’environnement de taux à long terme s’est donc fortement tendu. Cette évolution ne signifie pas qu’un taux de rachat de crédits évolue mécaniquement et immédiatement dans les mêmes proportions que l’OAT 10 ans.

Les établissements prêteurs disposent de leurs propres conditions de refinancement, politiques commerciales, marges et critères de risque. Mais lorsque le coût de l’argent augmente durablement, les conditions de crédit finissent généralement par en ressentir les effets.

La baisse des taux est-elle vraiment pour bientôt ?

Personne ne peut répondre avec certitude.

Et c’est justement le problème.

Il serait tentant de considérer la hausse actuelle comme temporaire et d’attendre tranquillement son retournement. Mais plusieurs éléments invitent aujourd’hui à davantage de prudence.

Le premier concerne la politique monétaire. En septembre 2026, la Banque centrale européenne a relevé ses trois taux directeurs de 0,25 point. Son taux de refinancement principal est ainsi passé à 2,65 %.

La BCE justifie notamment sa décision par des tensions inflationnistes persistantes et ne s’engage pas à l’avance sur une trajectoire future de ses taux. Autrement dit, une baisse rapide des taux directeurs n’est aujourd’hui nullement garantie.

La dette française est devenue un sujet pour les marchés

Il existe parallèlement un autre facteur d’incertitude : la situation des finances publiques françaises. À la fin du deuxième trimestre 2026, la dette publique française atteignait 3 595,5 milliards d’euros.

Elle représente désormais 119 % du PIB. En seulement trois mois, elle a encore progressé de près de 60 milliards d’euros. Cette situation commence à peser plus fortement sur la perception de la dette française par les investisseurs.

Début octobre, l’écart entre le rendement des obligations françaises et allemandes à dix ans a atteint des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis la crise des dettes souveraines européennes.

Cela signifie très simplement que les investisseurs demandent une rémunération supplémentaire pour détenir de la dette française par rapport à la dette allemande.

Il serait excessif d’affirmer que la France est nécessairement à la veille d’une crise de la dette. Mais il serait tout aussi imprudent d’ignorer les signaux envoyés actuellement par les marchés.

L’élection présidentielle de 2027 ajoute une incertitude supplémentaire

À cela vient désormais s’ajouter le calendrier politique.

L’élection présidentielle de 2027 approche et les marchés vont progressivement intégrer les différents scénarios politiques et budgétaires.

La question des finances publiques devrait logiquement occuper une place importante dans les prochains mois.

  • Quelle trajectoire pour le déficit ?
  • Comment stabiliser la dette publique ?
  • Quelles économies réaliser ?
  • Quelle fiscalité ?
  • Quelles politiques économiques seront proposées ?

Tous les candidats n’ont pas encore apporté de réponses détaillées à ces questions.

Or les marchés financiers n’aiment généralement pas l’incertitude. Début octobre, l’agence Moody’s a d’ailleurs souligné les difficultés liées à la fragmentation politique française et les incertitudes entourant l’adoption du budget 2027.

Cela ne permet pas de prédire les taux futurs. Mais cela montre pourquoi considérer dès aujourd’hui qu’ils seront nécessairement plus bas dans quelques mois serait hasardeux.

Attendre une baisse des taux, c’est donc faire un pari

Prenons un emprunteur qui envisage un rachat de crédits avec une enveloppe supplémentaire pour réaliser des travaux.

  • Son projet est défini.
  • Les devis sont établis.
  • Son besoin de financement est connu.
  • Son budget permet de réaliser l’opération.

Il pourrait naturellement décider d’attendre six mois dans l’espoir d’obtenir un taux inférieur. Mais que sait-il réellement ? Il connaît le taux disponible aujourd’hui.

Il ne connaît pas celui qui lui sera proposé dans six mois. Les taux peuvent baisser. Ils peuvent aussi rester au même niveau.

Ou continuer à augmenter. Attendre uniquement parce que « les taux finiront bien par redescendre » n’est donc pas véritablement une stratégie financière. C’est une anticipation. Et comme toute anticipation, elle peut être juste ou fausse.

Il faut aussi calculer le coût du projet reporté

C’est un aspect souvent oublié. Un projet a parfois une valeur immédiate.

  • Des travaux de rénovation énergétique peuvent réduire certaines dépenses.
  • Le remplacement d’un véhicule peut devenir nécessaire pour aller travailler.
  • Des travaux dans un logement peuvent améliorer immédiatement les conditions de vie d’une famille.

Certains aménagements peuvent également éviter une dégradation du bien.

Reporter le projet de six mois ou un an n’est donc pas toujours neutre. Il faut comparer l’économie hypothétique obtenue grâce à une future baisse des taux avec les conséquences du report du projet. C’est une approche beaucoup plus rationnelle.

Un rachat de crédits avec trésorerie peut permettre de financer le projet immédiatement

Selon la situation de l’emprunteur et les critères de l’établissement prêteur, une opération de regroupement de crédits peut intégrer une somme destinée au financement d’un nouveau projet.

L’opération peut alors répondre simultanément à deux objectifs.

  1. Le premier consiste à restructurer les crédits existants afin d’obtenir une mensualité compatible avec le budget du ménage.
  2. Le second consiste à intégrer le financement nécessaire au nouveau projet.

Il ne s’agit évidemment pas d’ajouter une trésorerie sans réfléchir à son utilité. La banque étudiera la solvabilité de l’emprunteur, sa situation financière et la cohérence de l’opération.

Selon la nature et le montant du projet, des justificatifs peuvent également être nécessaires. L’objectif reste de construire une opération soutenable dans la durée.

Attention : réduire la mensualité ne signifie pas réduire le coût du crédit

Ce point est essentiel. Lorsqu’un rachat de crédits conduit à allonger la durée de remboursement, la mensualité peut diminuer alors que le coût total du financement augmente.

Il ne faut donc jamais présenter le regroupement de crédits comme une économie automatique.

Ce n’est pas son principe. Son intérêt peut être de réorganiser l’endettement et de dégager une capacité budgétaire adaptée à la situation de l’emprunteur.

Lorsqu’une trésorerie supplémentaire est intégrée, le montant total emprunté augmente également. C’est pourquoi chaque opération doit faire l’objet d’une étude personnalisée.

Alors, faut-il attendre pour réaliser son rachat de crédits ?

Il n’existe pas de réponse universelle.

Si le projet peut facilement être reporté et que la situation financière de l’emprunteur est confortable, attendre peut parfaitement se défendre.

En revanche, lorsqu’un projet est mûrement réfléchi, nécessaire et réalisable aujourd’hui, repousser systématiquement sa réalisation dans l’espoir d’une baisse prochaine des taux mérite réflexion.

Car l’environnement financier actuel ne permet pas de considérer cette baisse comme acquise. L’OAT française à 10 ans a fortement progressé. La BCE vient de relever ses taux.

La dette publique française atteint 119 % du PIB. Les marchés accordent davantage d’importance au risque budgétaire français. Et l’approche de l’élection présidentielle de 2027 ajoute une nouvelle période d’incertitude.

Cela ne signifie pas que les taux vont obligatoirement continuer à augmenter. Cela signifie simplement que personne ne peut garantir aujourd’hui qu’ils vont rapidement baisser.

Un projet réfléchi mérite d’être étudié avec les conditions d’aujourd’hui

Il existe finalement une différence importante entre attendre parce qu’un projet n’est pas suffisamment mûr et attendre uniquement dans l’espoir d’un meilleur taux.

  • Dans le premier cas, prendre son temps est souvent une bonne décision.
  • Dans le second, il faut mettre des chiffres derrière cette attente.
    • Combien coûterait l’opération aujourd’hui ?
    • Quelle serait la nouvelle mensualité ?
    • Quelle durée serait nécessaire ?
    • Quel serait le coût total du financement ?
    • Quelle somme pourrait être consacrée au nouveau projet ?

Et surtout : l’opération permet-elle de conserver un budget équilibré ? Ce sont ces questions qui doivent guider la décision. Chez Cibfinance, nous étudions les opérations de rachat de crédits avec ou sans financement d’un nouveau projet en fonction de la situation de chaque emprunteur.

L’objectif n’est pas de deviner où seront les taux dans six mois. Il est de déterminer si, avec les conditions disponibles aujourd’hui, l’opération répond réellement au besoin de l’emprunteur et reste cohérente avec sa capacité financière.

Car lorsqu’un projet est utile, réfléchi et finançable, attendre une hypothétique baisse des taux n’est pas toujours la solution la plus judicieuse.

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Si le regroupement de crédits entraîne une diminution du montant des mensualités, celle-ci peut entraîner un allongement de la durée de remboursement du crédit et majorer son coût total.

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